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June 29

Ancêtre des Plamondon

Généalogie des Plamondon

PHILIPPE PLAMONDON 

 

C’ est la tribu gauloise des Avernes que l’Auvergne doit son nom. C’est ce pays montagneux des hommes courageux, l’Auvergne, une des plus anciennes unités régionales de la France et aussi une de celles dont les frontières ont le moins variées, que nous est venu l’ancêtre des Plamondon. Plamondon fait juste allusion à la montagne: plan mont et le dimunitif petit mont plat.

Philippe Plamondon dont les premiers écrits paroissiaux le désignent comme ¨Philippus Mandon vulgus Lafleur ¨se disait originaire de Pérousse, aujourd'hui Lapeyrouse, communes du département du Puy-de-Dôme, arrondissement de Riom, canton de Pionsat puis de Montaigut, au diosèse de Clermont (Clermont-Ferrand, le chef-lieu).

L'humble arrivant.

Philippe entre au Canada, sans bruit, comme un arrivant délicat, du moins selon les registres. Nous soupçonnons sa présence pendant des années sans pouvoir trop la préciser. Ainsi au recensement de 1667, un garçon de 22 ans travaille comme engagé chez Urbain Tessier dit Lavigne, à Montréal, il se nomme Lamondor. Un descendant Benoit Plamondon de Québec un fervent de l'histoire ancestrale croit qu'il s'agit là de son ancêtre. À cette époque, Philippe Plamondon venait-il d'être démobilisé du Régiment de Carignan ? hypothèse que seul un surnom coutumier à l'armée, dit Lafleur, pourrait étayer.

Le 2 novembre 1671, les registres de Laprairies, 3èmes baptêmes depuis le début de la paroisse, nous font connaitre Philippe Mandon comme parrain de Marie Gagné, enfant de Pierre et de Catherine Daubugeon. L'année suivante, Philippe Mandon apparait encore comme parrain d'un fils du chirurgien Antoine Barrois, époux d'Anne Leber, originaire lui aussi du diocèse de Clermont; Philippe donne son prénom à son filleul. Il faut aller ensuite jusqu'en 1681, au mariage de Charles Robert dit Deslauriers et de Marie Leber le 9 janvier pour trouver Philippe Plamondon comme témoin. L'acte est inscrit à Contrecoeur.

La conclusion s'impose: Philippe vivait depuis longtemps à Laprairie. Le notaire Pierre Chesne dit St-Onge de Longeuil a parafé plusieurs contrats à des gens de cette localité et de Philippe Plamondon. Hélas le minutier n'existe plus. Par chance, dans les rotures des Jésuites, seigneurs de Laprairies, un écrit existe daté du 8 octobre 1673, possédant la marque cette fois de Philippe Plamondon. Ce dernier achète de Louys Pallardy 50 arpents de terre en superficie pour la somme de 200 francs. Jean Bourdon, son voisin, agit comme témoin ainsi que Charles Boyer, tous deux de Laprairie.

Six ans plus tard toujours à Laprairie, Philippe achète de Jean Bourdon 50 arpents de terre à Laprairie St-Claude pour la somme de 100 livres. Le vendeur garde toute la récolte et paie ¨la vente seigneuriale de l'année présente¨. À la maison de Pierre Gagné, François Leber et Pierre Lefebvre agissent comme témoin en ce 24 septembre 1679. Tissot, secrétaire n'est-il pas Pierre Tissot, un célibataire de l'endroit qui possède tout juste un fusil et 2 arpents de terre en culture?

Les épousailles

Depuis plus d'une décade Philippe préparait son avenir canadien. L'heure de prendre une compagne pour épouse avait sonné. Il chosit Marguerite Clément. Le Révérent Père Claude Chaussetière, jésuite, pour lors remplaçant du supérieur à la paroisse St-François-Xavier, bénit le mariage à Laprairie, le septième célébré à cet endroit, en présence de témoins pas nommés, 23 avril 1680. Marguerite Clément était une jeune fille d'environ 14 ans, née au pays, plus précisément à la côte de Beaupré, vers 1666. Comment expliquer sa présence à Laprairie? Ses parents Jean Clément originaire de la Loraine, et Madeleine Surget de Soubise en Saintonge, une fille du Roi arrivée à Québec à l'été 1659 s'étaient installés sur la côte de Beaupré, territoire actuel de l'Ange-Gardien (BRH17,107). Leurs 7 enfants avaient été baptisés à Château Richer. Toute la famille déménagea, un jour à Laprairie. Preuve: au recensement de 1681, Jean Clément et son épouse sont recensée à cet endroit. L'année précédente, celle du mariage de leur fille Marguerite, l'aîné Jean Clément avait été inhumé à Laprairie. Est-ce que le père de Marguerite, 58 ans, fit un séjour dans les pays d'En-Haut?. Devint-il important?. Chose certaine c'est Madeleine Surget qui vend la terre de l'Ange-Gardien à François Vézina, le 2 août 1681 (Duquet)

À Laprairie, le couple Plamondon se trouva donc associé à la famille Cléments dans ses joies comme dans ses peines. Le 4 avril 1687, on inhuma le frère de Mme Plamondon, Marc Clément, victime de l'onde, 26 ans. Deuil pénible!

Mort accidentelles?

Le 15 septembre 1691, le sulpicien Jean Prément, aumônier de l'hôpital et curé de la paroisse de Montréal, ouvrit le registre des décès. Il écrivit avec émotion comme un bon vieillard, ce qui suit: "Philippe Plamondon habitant de la Prairie de la Madeleine agé d'environ 50 ans a rendu son âme à Dieu en l'Hôtel Dieu de Ville Marie en la communion de notre mère la Ste-Église duquel le corps a été inhumé au cimetière de cette église..." Avant de mourrir, Philippe s'était confessé au sulpicien auvergnant comme lui, le père A. Amable de Valens puis il communia en vatique et reçut l'extrême-onction. "...ont assisté au convoi monsieur De Valens et Pierre Chantereau Bedeau." Quoi de plus simple et de plus touchant!

Une curiosité légitime des descendants voudraient en savoir davantage. Quelles sont dons les causes de la mort de l'ancêtre Plamondon, après un peu plus de 10 ans de mariage seulement?

Le 11 août 1691, à la barre du jour des Anglais sous la conduite de Schuyler et leurs alliées, les Agniers et les Loups attaquent le fort de Laprairie en représailles des massacres de Corlear.. Pertes canadiennes 20 miliciens tués et 4 capitaines des troupes. On établit à 40 le nombre des morts ce jour-là et à 60 celui des blessés (Ferland,FDAN 2, 176-183). L'ancêtre Plamondon prit-il part à ce combat?... Son décès à Montréal, un mois plus tard, nous autorise-t-il à conclure qu'il soit mort en plein été des suites de blessures reçues le 11 août ? Nous le pensons sans en avoir la certitude. Si tel est le cas, Philippe Plamondon mérite alors une double couronne: celles d'ancêtre et de défenseur de la Patrie. Quant à Marguerite Clément, impossible de fixer ses derniers jours et celui de son décès. Aucun indice.

Générations en marche

Marguerite et Philippe donnèrent la vie à 5 enfants en l'espace de 8 ans. L'aïné Antoine existait encore en 1710 (G. Barette, 26 juin). Le cadet Étienne Filleul d'Étienne Bisaillon, n'a laissé aucune trace. Quant à Madeleine leur unique fille, elle épousa l'ancêtre Jean Bessette. Le frère André de l'Oratoire St-Joseph pouvait dire: le grand-père de mon grand-père avait épousé en seconde noces, le 8 septembre 1700, à Laprairie, Madeleine Plamondon, mon aïeule, cette pieuse personne décéda à Chambly le 5 mai 1750. Benoit épousa Angélique Rousseau à Laprairie le 17 novembre 1710, développa le bien paternel, fut père de 5 filles et de garçons, François, mais ne transmit pas le nom Plamondon à d'autres générations. À sa mort, Benoit étaient lieutenant de milice à Laprairie.

Pierre vint habiter la région de Québec. Nous savons que sa grand-mère Madeleine Surget avait épousé en secondes noces, le 23 septembre 1693, Jacques Maret dit Lépine à l'Ange-Gardien, où elle vécut 3 ans (E. Jacobs, 28-02-16797). De plus, les Jésuites de Laprairie desservaient aussi la mission de Lorette. Le 2 mai 1709, au pied de l'autel de l'Ancienne-Lorette, Pierre unissait sa vie à celle de Marie Charlotte Hamel, fille de Jean-François et de Félicité Levasseur. Ils eurent 15 enfants: 4 filles, 10 garçons qui s'allièrent aux familles Berthiaume, Drolet, Maret, Robitaille, Meunier, Trudel, Pageot, et Boutet, dont les descendants sont nombreux comme les étoiles du ciel. Des fils de Philippe, Pierre porte seul l'honneur d'être le père de tous les Plamondon d'Amérique. Le fils aïné de Pierre portant aussi le même prénom, mourut avant même d'être ordonné prêtre.

Voici en cascades quelques personnages Plamondon de première valeur: Antoine (1804-1895) peintre de portraits et de tableaux d'église dont plusieurs oeuvres se trouvent à Québec, St-Augustin, Neuville, Cap-Santé, Lauzon, Beaumont, Ste-Luce-sur-Mer, Ste-Anne de Beaupré: Apolinaire (1858-1933), constructeur à ses frais des locaux de l'Oasis; Apolinaire (1908-1968), père Oblat missionnaire célèbre au Manitoba: FRS-Xavier (1825-1894) curé fondateur de la paroisse française de Burlington, Vermont; Henri (1894-1967), Jésuite architecte et constructeur, missionnaire en Chine pendant 33 ans; Jean Baptiste (1832-1900), avocat, journaliste et politicien, fondateur de l'Institut Canadien de Québec, Marius (1914-1976), sculpteur et maître verrier; ses oeuvres sont au Lac Bouchette, à Ste-Foy, à l'oratoire St-Joseph, etc ; Rodolphe (1876-1802), Ténor de l'opéra de Paris; Simon (1801-1881), premier colon de l'état de Washington; Ignace (1712-1802) arpenteur royal; Clorris (1901-1962), fondateur de la société d'histoire Régionale de Québec et restaurateur de la maquette du bresé, exposée à l'église Notre-Dame-des-Victoires de Québec, etc.

Rues, avenues, boulevards, ruisseaux, rivières, lacs, collines, mont et canton portent le nom de Plamondon. Connaissez-vous l'histoire de Joseph Plamondon (1861-1923), surnommé le père Joe natif de St-Norbert d'Arthabaska, père d'une famille de 17 enfants? Encore jeune, Joseph émigra avec ses parents au Michigan. Lorsqu'il fut grand, le père Joe chaussa ses bottes de 7 lieues quitta Provemont, traversa les plaines de l'Ouest canadien et ne s'arrêta qu'au lac Labiche en Alberta. Là il fonda en 1908 une paroisse aujourd'hui prospère, Plamondon. Tout ce coin du pays devint Plamondon, même le sable de la grêve du lac!